05 décembre 2019
Lauréats C.Hutin D.Estevez T.Abénia
-A +A

L'équipe lauréate du Pavillon Français de la XVIIème biennale Venise 2020

L’équipe portée par Christophe Hutin Architecture et composée de Christophe Hutin, Tiphaine Abenia et Daniel Estevez est lauréate du Pavillon français à la 17ème biennale internationale d’architecture de Venise 2020 en partenariat avec Grand Angle Productions/Groupe Écrans du Monde autour du Projet artistique « Les communautés à l’œuvre »

L’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Toulouse est heureuse de soutenir ce projet dont l’équipe est constituée par des architectes qui sont également des enseignants-chercheurs issus de l’école et des chercheurs membre du laboratoire LRA de l’ENSA Toulouse.


 

« Comment vivrons nous ensemble ? ».

La problématique de cette biennale a été posée par l’architecte Hashim Sarkis sous le titre « Comment vivrons nous ensemble ? ».
Pour y répondre l’équipe propose de traiter de la façon dont les communautés habitantes agissent sur leur cadre de vie, sur leur quotidien. Si habiter est une action, les communautés habitantes semblent constituer les ressources les plus pertinentes pour transformer nos environnements construits.

L’aspect performatif des usagers ouvre de nouvelles voies en termes d’architecture et d’urbanisme. Le Pavillon donnera à voir un certain nombre de documentaires sur les communautés habitantes à l’oeuvre dans la transformation de leurs environnements quotidien, en France mais aussi, à travers le monde.
Des situations analogues, par effet miroir, nous renseigneront sur les phénomènes à l’oeuvre, par leurs écarts aux normes et à la standardisation du monde. Comment vivent-ils ensemble et quel contrat spatial engagent-ils ?


L’enseignement tiré de ces différentes études de cas devrait nous éclairer d’un point de vue critique sur la façon dont nous vivrons ensemble.

Le projet scénographique

De Détroit à Hanoï, en passant par Soweto ou la Cité du Grand Parc à Bordeaux, plusieurs expériences architecturales développées en études de cas illustreront la manière dont les habitants participent à la métamorphose de leur cadre de vie et de leur quotidien.
Elles seront révélées au public à travers une installation audiovisuelle qui immergera le visiteur dans un rapport à échelle 1. La présentation des travaux reposera sur des multiprojections vidéo et proposera des situations d’immersion spatiale aux spectateurs à l’intérieur des trois salles latérales du pavillon. Les spectateurs et acteurs pourront trouver des assises modulables qui leur offriront la possibilité d’assister à un événement du programme en direct, où visionner les captations passées.
Ces multi projections vidéo présenteront des documents non coordonnés dont les interactions ne sont pas programmées. Chaque visite sera unique et la multiplicité des documents projetés dans chaque salle devra stimuler l’interprétation active de chaque spectateur.

Des études de cas (extraits)

Transformation des bâtiments G, H et I du Grand Parc à Bordeaux
Le projet G H I concerne la transformation de 3 immeubles de logements sociaux en site occupé dans la Cité du Grand Parc à Bordeaux, qui regroupent 530 logements. L’ajout de jardins d’hiver et de balcons en extension offre à chaque logement le bénéfice de plus de lumière plus de fluidité de confort et de vue. Ces extensions agrandissent l’espace d’usage et d’évolution du logement et offrent la possibilité, comme dans une maison, de vivre à l’extérieur tout en étant chez soi. Le documentaire permettra de découvrir toutes les phases du process de transformation et d’appropriation par les habitants.

Extensions vernaculaires des immeubles de logements KTT à Hanoi
Après l’indépendance du Vietnam, l’état collectiviste s’engage à partir de 1954 à résoudre la crise du logement avec la plani cation urbaine de quartier d’habitation collective, les KTT, « Khu Tập Thể ». Au l du temps, des travaux d’extensions provenant d’initiatives individuelles ou familiales, ont été réalisés au cas par cas pour répondre aux évolutions des besoins quotidiens. L’analyse de l’augmentation des bâtiments KTT par les habitants à Hanoï permet, sous un angle transversal (technique, thermique, architectural, urbain) de comprendre que la prise en compte du pouvoir d’agir des habitants peut être opérationnel dans un projet de transformation.

La cité de transit de Beutre, Mérignac
Deux cités d’urgence ont été construites à Beutre en 1968 et 1970, pour lo- ger des rapatriés, des « travailleurs migrants » et accueillir des habitants que la ré- novation urbaine excluait du centre de Bordeaux. De provisoires et rudimentaires, les cités sont devenues pérennes et les locataires ont pris en charge l’amélioration de leurs conditions de vie. Ils ont entretenu, embelli et construit leur habitat, créé et étendu des jardins potagers au-delà des espaces qui leur étaient destinés. En près de cinquante ans d’installation, ils ont transformé la précarité et la reléga- tion dont ils étaient l’objet, en capacité à agir sur leur lieu de vie. Pour répondre à l’apparente vétusté, le bailleur social Aquitanis lance un projet social et urbain, qui mêle rénovation de l’habitat, participation des habitants, capacités naturelles du site et objectifs de densi cation, et qui sera l’occasion d’expérimenter un concept de Cité-Jardin Permaculturelle pouvant essaimer sur la Métropole et au-delà.


Johannesburg, Soweto, Kliptown, les interventions de l’atelier Learning From
L’atelier Learning From (Christophe Hutin et Daniel Estevez, ENSA Toulouse) enseigne la conception par l’action en architecture. Il soutient la collaboration interculturelle et l’hétérogénéité dans la production de la ville contemporaine. Ce travail permet d’engager une réflexion, un débat sur le rôle et l’implication de l’architecture face à des questions sociétales. L’architecture, comme la ville, est faite par constellation, non par planification, et dans cette production sociale tout le monde est bienvenu. L’ensemble des ateliers, workshops « Learning from », et notamment celui réalisé avec les habitants de Kliptown, ont été documentés par des lms qui seront pré- sentés dans le dispositif multi écran. Il s’agira de créer un débat sur la question de l’enseignement de l’architecture en France dans le cadre du programme du pavillon ; et de solliciter les enseignants proposant des formes d’éducation nouvelles. Pour cela les écoles d’architectures françaises seront sollicitées dans le cadre d’un partenariat.


South West Detroit, la résilience à l’œuvre
Un projet d’échange culturel franco-américain avec l’architecte Christophe Hutin a eu lieu du 21 au 26 Octobre 2013 à Détroit. En collaboration avec l’équipe du Design Collaborative Center, les étudiants et les habitants du quartier, un projet a été réalisé à l’angle des rues Avis et Elsmere dans le quartier de South West (dit Springwell), où le terrain présente quelques particularités : en partie composé de dallage en ciment sous lequel passe un tuyau de la ville endommagé, le sol est en permanence recouvert d’eau. De nombreuses plantes s’y sont développées, plantes de milieu humide, mais aussi une végétation spontanée dans les fissures du sol, les trous et les parties en terre. Une réunion avec les habitants a permis de dé nir sur la base de leurs désirs, de leurs besoins et de leurs récits, des objectifs : un jardin, de l’ombrage, des enfants qui jouent, un lieu de réunion publique...

 

Des débats, rencontres et une programmation pluridisciplinaire

Le projet proposera un festival de 6 semaines avec une programmation structurée autour des grands thèmes abordés. Des personnalités hommes et femmes issues de la société civile (habitants à l’œuvre), du monde scientifique, intellectuel, artistique et politique constitueront des plateaux pour un grand débat. Les jours qui précèdent et qui suivent le débat, les intervenants donneront des conférences et se produiront au sein du pavillon contribuant ainsi à la production des contenus de l’exposition pensée comme un véritable « work in progress ». Aux débats et rencontres thématiques du festival, s’ajouteront des événements culturels en lien avec des institutions culturelles françaises et vénitiennes. En journée, pendant les débats, des happenings culturels permettront de faire de courtes pauses ou d’enrichir le contenu.

La plateforme digitale
À la fois ressource et objet de médiation par elle-même, une plateforme digitale sera conçue de façon à suivre la programmation de la biennale. Si la totalité du site pourra être visible dès le 1er jour de la mise en ligne, l’internaute sera invité à accéder aux contenus disponibles grâce à la mise en surbrillance de certaines parties du plan. Ainsi des « espaces » seront accessibles au fur et à mesure de l’avancement de la biennale et de la programmation. A terme et après événement, la plateforme digitale reste ouverte aux ajouts et création de nouveaux espaces.